Les maisons de champagne ouvrent leurs portes plus souvent qu’avant. Les ouvrir de nuit reste rare, et ouvrir les crayères de nuit, plus rare encore.
Les 16, 17 et 18 octobre, Ruinart participe aux Journées Particulières, l’événement portes ouvertes du groupe LVMH, avec trois expériences distinctes à Reims sur le thème « aux Racines du Rêve ». Deux d’entre elles, on peut en trouver l’équivalent ailleurs. La troisième mérite qu’on s’y arrête.
Ruinart de nuit, 4 rue des Crayères. Photo © Fabian Monchâtre, avec l’aimable autorisation de la Maison Ruinart.
Les infos pratiques d’abord
Quand : les 16, 17 et 18 octobre 2026, de 14h à 20h.
Où : 4 rue des Crayères, à Reims, et le vignoble de Taissy.
Réservation : déjà ouverte, sur lvmh.com ou directement au 4 rue des Crayères.
Les Journées Particulières concernent tout le groupe LVMH : Ruinart est donc une maison parmi beaucoup d’autres à ouvrir ce week-end-là. Mieux vaut réserver tôt que tard.
Trois siècles, et un escalier dans la craie
La visite du 4 rue des Crayères, c’est la visite patrimoine. Elle démarre au Pavillon historique Nicolas Ruinart et descend dans les crayères, ces carrières de craie gallo-romaines qui font partie du bien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des coteaux, maisons et caves de Champagne.
Le Pavillon Nicolas, 4 rue des Crayères. Photo © Chloé Le Reste, avec l’aimable autorisation de la Maison Ruinart.
En chemin, la maison montre la fabrication plutôt que la légende : le liège, le remuage, le dégorgement. Si tu n’as jamais vu dégorger une bouteille, ça vaut le déplacement à soi seul. La pression dans une bouteille de champagne avoisine celle d’un pneu de bus, et si l’on gèle le col avant de faire sauter la capsule, ce n’est pas pour le spectacle.
La visite s’ouvre ensuite librement sur les jardins et sur l’exposition « Échos de la Terre, Harmonie du Vivant ».
Les crayères de la Maison Ruinart. Photo © Grégoire Machavoine, avec l’aimable autorisation de la Maison Ruinart.
La visite du vignoble, et ce que veulent dire les labels
À Taissy, l’un des sites historiques de la maison, le sujet n’est plus le patrimoine mais la culture de la vigne. La parcelle est classée Premier Cru, et la maison met en avant deux certifications : Haute Valeur Environnementale et Viticulture Durable en Champagne.
Les deux sont réelles et il vaut la peine de savoir ce qu’elles recouvrent. La HVE est une certification d’État française à trois niveaux, et le niveau 3, celui dont on parle en général, évalue la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la gestion de la fertilisation et celle de l’eau à l’échelle de l’exploitation entière. La VDC est le référentiel régional propre à la Champagne, porté par le Comité Champagne. Ni l’une ni l’autre n’est une certification bio, et aucune ne le prétend. Ce sont des démarches de management environnemental, ce qui est autre chose, et plus large.
Ce que Ruinart décrit à Taissy, c’est la régénération des sols et le retour de la faune et de la flore, avec une visite ponctuée par « Habitats », des œuvres du land artiste allemand NILS-UDO intégrées au paysage lui-même.
La borne Ruinart dans le vignoble historique de Taissy. Photo © Mathieu Bonnevie, avec l’aimable autorisation de la Maison Ruinart.
Celle qui sort vraiment de l’ordinaire
À la tombée de la nuit, le 4 rue des Crayères devient un parcours libre dans les jardins où, selon la formule de la maison, patrimoine, art et lumière dialoguent. Les façades historiques accueillent une projection immersive signée Manon Diemer.
L’histoire racontée est celle de la maison : Charlotte Ruinart de Brimont et son père Edgar, qui installa la production sur cette ancienne carrière de craie en 1877. Ruinart a été fondée en 1729 et reste la plus ancienne maison de champagne, la matière ne manque donc pas.
La projection nocturne sur bâtiment historique n’est pas un format neuf, et beaucoup de ce qui se fait relève du papier peint. Ce qui rend celle-ci intéressante, c’est le support : tu es dans une cour au-dessus d’une carrière de craie inscrite à l’UNESCO, dans une ville qui s’est reconstruite après 1918, à regarder une maison raconter sa propre histoire sur ses propres murs. Si ça fonctionne, ce sera grâce à l’endroit où tu te tiens.
Faut-il y aller ?
Si tu es dans les environs de Reims ce week-end-là, c’est le parcours de nuit qu’on réserverait. Il ne dure que trois soirées, alors que la visite de cave en journée existe, sous une forme ou une autre, la plus grande partie de l’année.
Si tu en fais un vrai déplacement, la visite de Taissy est la plus intéressante des deux options de journée : une parcelle Premier Cru conduite pour régénérer ses sols, avec du land art dedans, c’est quelque chose de plus singulier qu’une visite de cave, aussi belle soit la cave.
Une précision honnête : on n’était pas à cette édition. Tout ce qui précède vient de l’annonce de la maison, et les photographies sont ses visuels de presse, crédités un par un. Si on y va, on le dira clairement.
Les Journées Particulières, du 16 au 18 octobre 2026, de 14h à 20h, à Reims. Réservation sur lvmh.com.