Le vin naturel, ou vin nature revient en puissance en France et dans le monde. Le vin naturel a pour objectif de retrouver l’expression naturelle d’un terroir. Ainsi, le vin nature est réalisé à partir de raisins provenant de l’agriculture biologique. Par ailleurs, il existe d’autres modalités de production qui visent à permettre l’expression du raisin. Dans cet article, nous nous plongeons plus en profondeur dans l’univers des vins naturels.
Qu’est-ce qu’un vin naturel ?
Le vin naturel est produit dans le respect de nombreux critères dont l’objectif final est de permettre une expression parfaite du raisin. Ces critères s’expriment au travers de l’ensemble des étapes de fabrication du vin : de la croissance des raisins à la vinification. Ainsi, le vin naturel est produit à partir de raisins provenant de l’agriculture biologique. En ce sens, les raisins ne font face à aucun désherbants, pesticides, engrais et autres intrants synthétiques. Par ailleurs, pour produire ce vin, les vendanges doivent être entièrement manuelles. La vinification doit laisser le plus de place à l’expression naturelle des raisins. En conséquence, les interventions techniques qui pourraient altérer la fermentation ou l’évolution du vin sont interdites. En ce sens, l’ajout de produit chimique est absolument proscrit à l’exception de sulfites. Ces derniers peuvent être ajoutés au besoin. Les plafonds varient selon les groupes de vignerons. La charte de l’Association des vins naturels (AVN) a longtemps fixé un maximum de 30 mg/L de SO2 pour les rouges secs et de 40 mg/L pour les blancs et rosés secs. Le label Vin Méthode Nature, lui, interdit tout ajout de sulfites avant et pendant la fermentation et plafonne le SO2 total du vin fini à 30 mg/L. À titre de comparaison, l’Union européenne autorise jusqu’à 150 mg/L dans un rouge sec conventionnel. Tout est détaillé dans notre article sur la mention contient des sulfites.
Vin naturel, vin bio : quelles différences ?
Il existe des différences entre le vin biologique, le vin biodynamique et le vin naturel. Ces dernières montrent une présence d’intrants et une intervention dans le processus de vinification de plus en plus faible.
Le vin biologique
Le vin biologique a fait son apparition de manière récente et est défini par un règlement de la commission européenne. Ainsi, le label de vin biologique a évolué pour prendre en compte une démarche globale autour du vin. En ce sens, il s’étend non seulement à la viticulture mais aussi au processus de vinification. Pour être dans une démarche de vin biologique, le viticulteur ne doit ajouter aucun traitement synthétique à ses vignes. D’autre part, le label propose une réduction (pour l’instant très faible) des intrants au moment de la vinification. Cela étant dit, le vin biologique permet de faire perdurer certaines pratiques. À ce titre, il est possible d’ajouter au vin des tanins, des copeaux de bois, du soufre ou encore des levures.
Le vin biodynamique
D’autre part, la production de vin biodynamique demande une démarche supplémentaire à la production de vin biologique. En effet, l’objectif de cette méthode est de construire une dynamique entre le sol et la vigne. En ce sens, le viticulteur peut utiliser des préparations à base de plantes pour aider le développement de la vigne. Ainsi, les viticulteurs qui utilisent ces techniques suivent également le calendrier lunaire. Une telle pratique considère que le développement de la vigne et la dynamique du sol doivent être liés aux cycles lunaires. Les bases du mouvement de la biodynamie proviennent d’une mouvance philosophique appelée anthroposophie, théorisée par Rudolf Steiner.
Le vin naturel : l’étape suivante ?
La production de vin naturel apparait comme l’étape suivant la production des vins biologiques et des vins biodynamiques. En effet, le vin nature a pour objectif de garantir une influence extérieure minimale sur le développement des raisins et du vin. Ainsi, le vin naturel provient de raisins mûrs, issus a minima de l’agriculture biologique, vendangés manuellement. Il ne peut y avoir aucun ajout de levures extérieures ni d’autres intrants. Pour finir, l’usage de soufre est limité à une dose minimale. Le tableau ci-dessous met en lumière le dosage maximal de soufre autorisé en fonction du type de vin :
| Type de vin | Dosage maximal de soufre (SO2) |
|---|---|
| Vin rouge sec conventionnel (norme UE) | 150 mg/L |
| Vin rouge bio (moins de 2 g/L de sucres) | 100 mg/L |
| Vin rouge Demeter (produit en biodynamie) | 70 mg/L |
| Vin rouge nature (label Vin Méthode Nature) | 30 mg/L de SO2 total |
Pour aller plus loin encore, certains se dirigent vers des vins Sans Aucun Intrants Ni Sulfites (S.A.I.N.S).
Comment déguster un vin naturel ?
Déguster un vin naturel n’est pas une mince affaire, d’autant plus si c’est une première fois. D’abord, il faut laisser le temps au vin naturel de s’ouvrir. Pour cela, n’hésitez pas à ouvrir votre bouteille de vin nature une bonne heure avant de le déguster. Le vin pourra alors s’ouvrir : il a besoin de s’aérer. Si vous voulez aller encore plus loin, vous pouvez le carafer ou le secouer légèrement dans votre verre. Au nez, les arômes peuvent paraître légèrement repoussants, mais ne vous arrêtez pas là, vous serez surpris par le goût qui se développe en bouche. Pour finir, suivez notre guide de dégustation du vin pour déguster votre vin naturel dans les règles de l’art.