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#107 – Eddie McDougall: le Flying Winemaker

Eddie McDougall : un seul verre de vin a embrasé sa vie, et il ne s’est jamais retourné.

Dans cet épisode, nous rencontrons Eddie McDougall, vigneron, entrepreneur, fondateur de The Flying Winemaker, et président des Wymn Signature Chinese Wine Awards.

De la création du premier vignoble urbain de Hong Kong à la promotion des vins chinois sur la scène internationale, Eddie partage les décisions audacieuses et les revers qui ont façonné son parcours. Nous explorons le rosé en Asie, les grands vins australiens, le rôle des médias dans le monde du vin et l’avenir du terroir chinois.

C’est une histoire de risques, de résilience et de passion inébranlable. Écoutez cet épisode et découvrez comment Eddie transforme vision en action.

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Un résumé de l’entretien avec Eddie McDougall

Un parcours multiculturel guidé par la curiosité

Eddie McDougall se définit simplement : un winemaker. Né à Hong Kong d’un père australien et d’une mère chinoise, il a grandi entre plusieurs cultures. Une expérience qui a façonné sa vision du monde et sa carrière. Aujourd’hui installé à Macao, tout en gardant des liens forts avec l’Australie, il jongle entre vie de famille, entrepreneuriat et une passion durable pour le rugby, qu’il considère comme une « école de vie » pour la construction du caractère.

Au-delà de la production de vin, Eddie McDougall endosse de nombreux rôles : éducateur, entrepreneur, président du Wynn Signature Chinese Wine Awards, et défenseur de longue date de la culture viticole asiatique. Mais au cœur de tout, il reste un artisan guidé par la passion.

Le verre qui a tout changé

Le parcours d’Eddie dans le vin ne commence ni dans un vignoble ni dans une cave familiale. À Hong Kong, il a peu de contact avec le vin en grandissant : ses parents n’en achètent qu’occasionnellement au supermarché.

Le tournant se produit lorsqu’il étudie le commerce à l’université de Brisbane. En travaillant dans un restaurant gastronomique, il goûte un soir un reste de Pinot Blanc de Paul Blanck, d’Alsace. L’expérience le bouleverse. Il ne comprend pas comment un vin peut avoir un tel goût.

Le lendemain, la sensation ne disparaît pas, elle se renforce. Il se met à étudier le vin et, malgré l’orientation de ses parents vers une carrière en banque, il choisit de poursuivre un diplôme de troisième cycle en sciences du vin et viticulture.

Il ne s’est jamais retourné.

Apprendre le métier de A à Z

Plutôt que de rester en salle de classe, Eddie travaille sur le terrain, dans de petites exploitations, notamment à Shadowfax Winery en Australie. Il fait de tout : accueil à la cave, travaux de vigne, mise en bouteille, service en restaurant. Il choisit des structures à taille humaine pour comprendre le vin dans sa globalité: des ventes à la production, en passant par l’hospitalité.

Cette approche pratique forge sa philosophie : saisir les opportunités, accumuler des expériences variées, et apprendre chaque étape du processus, de la vigne à la bouteille.

Au fil des années, il parcourt plusieurs régions australiennes: Clare Valley pour le riesling, Victoria pour le pinot noir et le chardonnay, puis la Yarra Valley chez Giant Steps. Sous le mentorat de Steve Flamsteed, il affine ses compétences, son identité et sa vision du vin.

Europe et révélation à Barolo

En 2008, la perte de son père pousse Eddie à réévaluer sa trajectoire. Au lieu de rentrer immédiatement en Australie, il persévère pour obtenir un stage chez Vietti à Barolo.

Après des mois de courriels et d’appels sans réponse, sa ténacité paye. L’expérience chez Vietti devient déterminante : une véritable immersion dans le Nebbiolo et la tradition italienne.

Ce qui devait être un simple rythme de vendanges entre l’Australie et l’Italie change lorsque Hong Kong supprime les taxes sur le vin. Le marché local explose, et Eddie y voit une opportunité.

Créer le premier vignoble urbain de Hong Kong

De retour à Hong Kong, Eddie McDougall travaille en conseil avant qu’on lui propose un projet inédit : créer un vignoble urbain à partir de raisins surgelés importés du monde entier.

Ce projet devient The 8th Estate, le premier vignoble urbain de Hong Kong. Grâce à une technologie de congélation avancée, des raisins venus de Bordeaux, Toscane, Washington ou Nouvelle-Zélande sont vinifiés localement.

Le projet est un succés. Ses vins remportent des prix et attirent l’attention. Et c’est là que son identité d’entrepreneur se renforce.

La naissance de The Flying Winemaker

Cette expérience inspire sa marque personnelle : The Flying Winemaker.

Ce qui commença comme un surnom se décline en :

  • une marque de vin
  • un bar à vin à Lan Kwai Fong
  • une série télévisée diffusée sur ABC Australia et Discovery Channel
  • des programmes éducatifs
  • des festivals viticoles

La série ne se concentre pas sur Bourgogne ou Bordeaux, mais sur des régions émergentes : Inde, Japon, Indonésie, Taïwan ou Chine, souvent ignorées du discours mondial du vin.

À son apogée, le programme touche des centaines de millions de téléspectateurs, contribuant à démocratiser la culture du vin en Asie-Pacifique.

Promouvoir le rosé en Asie

Eddie co-fonde également Rosé Revolution, le plus grand festival de rosé en Asie. Il voit le rosé comme une catégorie sous-estimée, particulièrement adaptée à la cuisine et au mode de vie asiatiques.

Il combat les idées reçues : le rosé n’est ni forcément sucré, ni réservé à un genre. Selon lui, il peut servir de porte d’entrée accessible pour de nouveaux consommateurs en Asie.

Élever les vins chinois sur la scène mondiale

En tournant The Flying Winemaker en Chine, il découvre la richesse de l’histoire viticole chinoise, liée à la Route de la Soie, et le potentiel de régions comme Ningxia ou Shandong.

Eddie y voit une véritable opportunité qualitative.

Pour accompagner cette évolution, il lance l’Asian Wine Review, offrant aux producteurs des retours structurés selon des standards internationaux. Puis il créé le Wynn Signature Chinese Wine Awards, aujourd’hui la plus grande compétition dédiée aux vins chinois.

Le principe est strict :

  • pas de frais d’inscription pour les producteurs
  • dégustations à l’aveugle par des jurés internationaux
  • audit indépendant
  • gouvernance transparente

Son objectif à long terme : qu’un jour, les restaurants chinois du monde entier ne servent pas seulement de la bière, mais aussi servent fièrement des vins chinois.

Retour aux sources: les grands vins d’Australie

Après des années de médias et de grands projets, la pandémie ramène Eddie à ses racines : la vinification.

Il crée EJ McDougall, une marque de négociant centrée sur de petites productions et des vins australiens exprimant le terroir. Les premières cuvées incluent :

  • chardonnay de Margaret River
  • grenache et shiraz issus de vignes plantées en 1939 à McLaren Vale
  • riesling de Tasmanie (à venir)

Son ambition n’est pas le volume, mais la perception : élever la réputation du vin australien dans le segment des grands vins.

Une vie guidée par la Passion

Tout au long de son parcours, un thème revient : la volonté de recréer chez les autres le moment qui a changé sa vie, cette première gorgée de vin qui a tout déclenché.

Par l’éducation, les festivals, les prix, la télévision ou ses propres bouteilles, sa mission reste la même : bâtir des ponts, élever les standards et inspirer de nouveaux amateurs, notamment en Asie.

S’il peut provoquer cette étincelle chez ne serait-ce qu’une personne, dit-il, il aura fait sa part du travail.

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