Dans ce nouvel épisode du Wine Makers Show, Eloi Jacob m’ouvre les portes du Château Fourcas Hosten. L’occasion de découvrir cette magnifique propriété, convertie au bio et dont chaque parcelle sont connues par coeur par les équipes. Authentique, l’accueil à Fourcas Hosten était vraiment superbe et je suis convaincu que de belles bouteilles du château trouveront votre place dans votre cave à vin.
Est-ce que vous pouvez commencer par vous présenter ?
Éloi : Je m’appelle Éloi Jacob et je suis le directeur général du Château Fourcas à Listrac-Médoc. Je viens de Bretagne et mon père était agriculteur. C’est ce qui m’a amené dans le vin. J’avais objectif de reprendre l’exploitation familiale agricole maraîchère. Je ne l’ai pas reprise, parce que mes parents me l’ont déconseillé. Ils m’ont forcé à poursuivre mes études et je suis parti à Rennes. J’ai intégré une école d’ingénieurs en agronomie à Bordeaux, l’ENITA Bordeaux, qui est « Bordeaux Sciences Agro » maintenant.
Quand j’étais à Rennes, mon professeur de géographie en classe préparatoire, nous faisait déguster des vins de toute la France. Il m’a donné cette passion du vin. J’ai pris l’option viticulture et œnologie à Bordeaux. Après j’ai fait mes études de 2000 à 2003 et j’ai fait un stage en Californie pour m’ouvrir les yeux sur le monde viticole. J’ai vinifié dans les côtes du Rhône, dans les côtes du Ventoux plus exactement. J’ai trouvé un emploi en côtes de Bordeaux.
Ensuite, j’ai travaillé pour un groupe d’investisseurs américains. J’ai géré techniquement leurs vignobles à Saint-Emilion, à Pomerol, et en côte de Bordeaux à Lalande-de-Pomerol. Il y avait une centaine d’hectares. J’ai fini directeur général avec la mise en place de la commercialisation des vins de 2013 à 2019.
En 2020, je suis arrivé à Listrac après avoir rencontré Renaud et Laurent Momméja. Ils cherchaient un directeur général qui avait des connaissances techniques pour gérer leur exploitation viticole et qui avait la volonté de travailler en bio et en biodynamie. L’accord, un peu comme mets et vins, s’est fait rapidement. On s’est très bien entendu car on a la même façon de voir les choses. On a la même façon d’appréhender le milieu viticole. Il faut pratiquer et chaque année est une expérience différente.
Comment ça se passe quand on est breton et qu’on arrive à Bordeaux ? On dit souvent que Bordeaux, c’est un endroit relativement fermé par rapport au reste de la France ou à d’autres régions. Comment s’est passée cette intégration à Bordeaux ?
Éloi : Pour moi elle s’est très bien passée. Dans la promotion que j’ai intégrée à l’ENITA en 2000, sur 100 étudiants, il y en avait 15 de Bretagne, un clan breton. Le milieu viticole est un petit milieu. C’est vaste, et à la fois ça reste petit aussi. Quand on entre dans ce milieu, on se côtoie tous assez rapidement. Il y a une entraide agricole on va dire, même si on est à Bordeaux. Et notamment, les anciens de l’école aident les jeunes à s’intégrer dans ce milieu-là et il y a une belle entraide. Donc Bordeaux s’est intégré par le vin, très facilement.
Est-ce qu’on peut revenir sur cette expérience en Californie ? On en a parlé dans certains podcasts parce que ça fait partie des plus grandes régions viticoles dans le monde. Quelles sont vos découvertes en Californie ?
Éloi : Pour être tout à fait honnête, j’y suis allé pour performer un peu l’anglais. La Bretagne a beau être proche de l’Angleterre, on a du mal à s’exprimer en anglais. Je suis parti en Californie pour ça et ma plus grosse surprise, c’est d’avoir parlé espagnol pendant 3 mois. Toute la main-d’œuvre était mexicaine. Je n’ai pas forcément progressé en anglais, mais j’ai beaucoup progressé dans l’appréciation de la vinification. Leur plus grosse problématique en Californie, c’est la vinification. Le climat est assez simple, il fait très beau, très chaud et donc il faut irriguer pour compenser le manque d’eau.
Ce n’est pas la même viticulture qu’à Bordeaux, ou en France, où on dépend beaucoup des aléas climatiques, mais c’est ce qui fait aussi la richesse de Bordeaux et de la France. En Californie, il y avait une gestion très technique de la façon de faire le vin, avec des équipes composées de mexicains qui opéraient au doigt et à l’œil. C’était beaucoup de travaux très simples, comme la gestion des vinifications, de vendange, de l’élevage… C’est complètement différent de ce que je peux vivre à Bordeaux. Autant en Californie c’était 80% de chai, autant à Bordeaux c’est 80% de vigne. Si on veut performer à Bordeaux ou en France, il faut être dans son vignoble.
Ce qui ressort des précédentes interviews, et sur la Californie en général, c’est cette idée que tout est possible. Est-ce que c’est quelque chose qui vous a marqué ?
Éloi : Oui, c’est un peu plus industriel on va dire, mais c’est aussi très expérimental. Ils vont acheter de la vendange, différents cépages et par exemple ils se disent : « Cette année on a trouvé du zinfandel, on ne va pas le mettre dans la cuve parce qu’on n’en a pas assez, on va le mettre dans des petites bennes à l’extérieur. ». On reçoit la vendange mais la réception n’est pas prête, tout est un peu fait dans l’urgence, mais tout est possible. C’est la mentalité américaine de se dire « Ne vous inquiétez pas, on y arrivera, on est très forts. ».
C’est surprenant, par rapport à ici. Je compare souvent ça avec mon expérience actuelle qui est plus importante qu’en Californie, où on essaie de calculer tout, mais on dépend beaucoup des aléas climatiques. Au final, on a prévu un plan A, B ou C et ce sera peut-être le plan D ou même plus. En Californie, tout est possible et il n’y a pas de limite, mais pas dans le sens négatif. Ils expérimentent pour aller de l’avant, et ils ont peut-être un bon train d’avance.
Antoine : C’est clair et c’est sûrement un endroit avec un héritage historique moins présent. C’est plus facile de dire que cette année on fera comme ça et on verra. Ici, ça peut être un peu plus compliqué de tout changer soudainement. On reviendra sur certains aspects, sur la partie bio évidemment, mais aussi sur la partie de la biodynamie à Fourcas Hosten. J’ai la sensation que c’est relativement nouveau dans la région. Il y a quelques domaines qui s’y prêtent, mais c’est assez nouveau. Dans d’autres régions il y a peut-être un peu plus d’avance sur la biodynamie en tant que telle.
Vous êtes sorti de l’ENITA à Bordeaux, et vous avez commencé à travailler dans les vignes pour un groupe important. Quelles sont les premières sensations de travail, les premiers jours sur place ?
Éloi : Je n’ai pas passé mon diplôme d’œnologue parce que je voulais vite retrouver le travail sur le terrain. Mes premières sensations ont été un peu de vivre la même chose que ce que j’avais pu vivre quand j’étais chez mes parents. C’est du travail de la terre, c’est difficile, c’est comme du maraîchage. Il faut se plier en deux en permanence. J’ai remplacé des pieds manquants par exemple, il faut se plier en deux pour faire des trous dans la terre. C’est ce qu’on appelle racoter.
Pour moi, ce n’était pas une difficulté, mais plutôt retrouver ce que j’avais déjà vécu avant. Ça me faisait sourire quand j’entendais les gens dire : « C’est dur la vigne. ». J’avais envie de dire : « Mais vous savez, les choux fleurs c’est encore plus dur, parce qu’il faut être encore plus près du sol. ». J’ai retrouvé ce que j’avais vécu plus jeune. Pour moi, ça été un point commun avec l’activité vigne, et après une ouverture avec un échange entre propriétés.
La différence entre la viticulture et l’agriculture en général, c’est qu’on partage notre produit. Ça été quelque chose qui m’a beaucoup ouvert les yeux sur le partage avec les voisins et avec les appellations voisines. On présente ce qu’on produit, on le partage, on échange, on n’est pas forcément en concurrence. On est plutôt là pour se tirer vers le haut, alors qu’on va rarement partager ses choux fleurs ou ses tomates avec le voisin. Donc c’est un point très positif dans la viticulture en général, c’est ce partage du vin.
Quel est le regard de vos parents sur le fait que vous partiez à Bordeaux, loin de la Bretagne, loin des choux fleurs et plutôt dans la vigne ?
Éloi : Un regard de : « Peut-être qu’un jour il mettra de la vigne en Bretagne. ».
Antoine : C’est prévu ?
Éloi : Non je plaisante bien sûr. C’est commencé, mais ce n’est pas mon objectif. C’est une fierté je pense, parce que j’ai fait ce qu’ils m’ont dit de faire ; c’est-à-dire poursuivre mes études et faire un métier qui me passionne. Ce qui est le cas. Moi je voulais continuer dans l’agricole, mais c’est vrai que le vin, c’est une autre dimension. I y a un produit qu’on présente, on voyage, on part un peu dans tous les sens on va dire. On ne fait pas que produire, on produit et on doit mettre en avant ce produit. Ils le vivent comme une fierté. Ils partagent tous les produits que j’ai pu faire durant ma petite expérience jusqu’à présent.
Antoine : Vous leur faites goûter ?
Éloi : Bien sûr, et ils commandent. Ils sont mes meilleurs clients.
Antoine : C’est bon signe.
Comment s’est passée la rencontre avec les Momméja, propriétaires de Fourcas Hosten?
Éloi : Ils ont créé un poste au départ de la directrice technique. C’était donc pour reprendre la partie technique, mais aussi commerciale et administrative. Ils sont passés par un cabinet et je les ai rencontrés après avoir passé les étapes de sélection. La première rencontre m’a marqué dans le sens où ce sont des personnes très humaines, proches des gens, qui ne sont pas de simples propriétaires. J’ai senti qu’ils étaient très investis, que c’est la propriété pour laquelle ils ont mis énormément d’énergie et qu’ils ont toujours la volonté de faire progresser.
La première rencontre s’est faite d’abord avec Renaud, puis avec Laurent, et puis les deux. À chaque fois ça très bien passé. C’est difficile à exprimer parce que c’est comme si je les connaissais depuis plusieurs années. On a la même façon de s’exprimer et de voir les choses. Ce sont des personnes assez discrètes, qui ne s’imposent pas et qui ont une volonté importante pour la propriété. C’est assez commun à ce que j’ai pu faire avant comme la bio, la biodynamie et le respect de l’environnement avec la volonté de ne pas laisser de trace négative de leur passage sur terre, mais aussi sur la propriété.
Antoine : C’est très intéressant.
Ce que vous nous disiez tout à l’heure, c’est à quel point ils étaient connaisseurs de la propriété, à quel point ils pratiquent régulièrement et à quel point ils connaissent le détail de chaque parcelle.
Éloi : Oui, c’est ce qui fait la différence avec d’autres propriétés. Renaud a dirigé et dirige toujours la propriété et il s’est beaucoup investi dans tous les choix stratégiques pour la faire évoluer. Comme je disais, le vin à Bordeaux se fait principalement dans le vignoble. Pour pouvoir faire un très grand vin, il faut maîtriser son vignoble, connaître ses parcelles et leurs noms. C’est vrai que lors de mon premier jour de travail à Fourcas Hosten, qui était pendant le confinement, j’ai eu la présentation du vignoble. Renaud connaissait le début et la fin de chaque parcelle, son nom, les années de plantation, le cépage, mais aussi son histoire et ça m’a rassuré car ils sont vraiment investis à 200% dans ce projet.
C’est important et ce sont des choses qui font plaisir à voir quand on dirige la propriété ou quand on y travaille, le fait d’avoir ce lien.
Éloi : Oui complètement, et ils ont aussi fédéré une équipe qui existait déjà autour de ce projet. Le chef de culture travaillait déjà sur la propriété, tous les salariés et les vignerons sont sur la propriété depuis de nombreuses années et certains vont d’ailleurs partir à la retraite malheureusement pour nous. Le maître de chai, c’est celui qui était là quand ils ont acheté la propriété. Ils ont poursuivi ce qui existait, mais ils l’ont transcendé car ils ont fédéré une équipe autour d’un nouveau projet.
On parlait notamment de la création du vin blanc. Ils se sont fait encadrer par des personnes compétentes, dont Éric Boissenot, qui est un des consultants les plus prestigieux de Bordeaux. Par Athanase Fakorellis, également pour les conseils en vin blanc. Ils ont identifié le terroir où on devait planter du blanc. Il n’y avait pas d’autres possibilités pour ce terroir-là. C’est très motivant pour quelqu’un comme moi qui arrive sur la propriété et qui prend la direction, de voir que les équipes sont encore plus motivées que le dirigeant.
Cette motivation vient des propriétaires et de leur façon de se comporter, de vivre, d’intégrer toutes les équipes, de ne pas dénigrer leur travail mais le mettre en avant, de les féliciter quand les choses sont bien faites, de les aider quand les choses sont difficiles et de ne pas les enfoncer, et ça c’est la différence à Fourcas Hosten.
L’équipe fait la différence, et avoir les bonnes personnes, les bons talents aux bons endroits et l’envie de faire quelque chose ça fait toute la différence. Ça fait du coup un peu plus d’un an que vous êtes ici ?
Éloi : Un peu moins d’un an, je suis arrivé début mai.
Comment s’est passé cette arrivée, quelles ont été les premières actions ?
Éloi : Alors ça été très frustrant mon arrivée, parce que la chose que je n’ai pas pu faire et que je voulais faire, c’était de serrer la main des personnes avec qui j’allais travailler.
Dans le contexte du Covid, c’était forcément compliqué. Je n’ai jamais pu échanger physiquement avec les personnes avec qui je travaille au quotidien et pour moi c’est quelque chose d’important qui me permet de voir la force de chacun, la poignée de main si elle est vigoureuse ou faible, je sais déjà quelle est la façon de se comporter de chaque personne.
Ça été très difficile mais Renaud était là quand je suis arrivé et il m’a présenté à tout le monde. Avant que j’arrive, il avait partagé mon numéro de téléphone. On a beaucoup échangé parce que c’était pendant le confinement. J’ai pu diriger un peu à distance la propriété d’un point de vue technique, même si je n’étais pas encore sur site et donc tout s’est très bien passé malgré le contexte.
Je pense que c’est grâce à eux aussi que ça s’est bien passé, parce que dans un contexte comme celui-ci, arriver en plein confinement, sans voir les gens parce qu’ils ont un masque, sans pouvoir échanger, s’approcher, toucher les mêmes pieds de vigne c’est compliqué si on n’a pas une ambiance de groupe. En plus, ils ont tout fait pour que je m’intègre bien. Dès la première semaine on a fait des déjeuners avec chacun des collaborateurs, le chef de culture et le maître de chai. En respectant les gestes barrière bien sûr mais, malgré cette difficulté sanitaire, ils ont tout fait pour que ça se passe du mieux possible.
Est-ce que vous pouvez nous présenter les vins de la propriété ? On a évoqué en quelques mots la présence du vin blanc, mais est-ce que vous pouvez nous présenter de manière un peu plus complète ce que vous faites à Fourcas Hosten ?
Éloi : Oui. Je parle du vin blanc parce que c’est un projet d’équipe. Mais effectivement, on produit très peu de vin blanc par rapport au vin rouge. Il faut savoir qu’historiquement, à Listrac, il y avait beaucoup de vin blanc parce qu’il y a un terroir argilo-calcaire. Cela qui permet de faire des vins blancs très tendus.
Avant l’arrivée des Momméja, les vins sur la propriété étaient exclusivement rouges. Avant de partir sur le projet de restructuration du vignoble, ils ont fait ce qui, à mon avis, était la meilleure des choses. Ils ont pris l’expérience des personnes qui travaillaient sur place pour faire des études et analyses du sol et l’état des lieux de ce qui avait déjà été réalisé pour faire un projet à long terme.
D’où l’arrivée du vin blanc sur un terroir de blanc. C’est un vin qui est produit sur des sols argilo-calcaires. Il est très tendu, minéral, assez charnu mais tellement frais avec un pH bas, ce qui donne des vins très tendus. Au niveau des rouges, ils ont gardé toutes les plantations de merlot sur les sols argileux et argilo-calcaires.
Il y a un terroir très graveleux, des graves pyrénéennes sur le point culminant du Médoc, à 43 mètres donc on domine le Médoc. C’est un terroir qui est propice au cabernet sauvignon.
Ils ont dû restructurer le vignoble sur la partie où étaient plantés les cabernets francs. Ils ont arraché rapidement les parcelles qui produisaient très rarement de grands vins alors que le terroir y est exceptionnel. On produit 80% de Château Fourcas Hosten, et environ 20% de Cèdres d’Hosten qui est un vin fait majoritairement avec du merlot sur des extractions plus souples, de façon à faire un vin fruité, plus facile à aborder. Pour un mateur qui débute, c’est un premier pas dans la propriété. Cela permet de faire un vin de consommation plus rapide, avec beaucoup de fruits, beaucoup de fraîcheur. Le Château Fourcas Hosten lui est de façon simple, composé à 50% de merlot et à 50% de cabernet sauvignon, avec une petite touche de verdot et de cabernet franc.
On est sur un vin plus concentré, mais plus complexe. On ne travaille pas dans la sur-extraction mais plutôt dans l’élégance. C’est un vin qu’on aime boire mais il faut le comprendre en le dégustant. Il n’est pas opulent et ce n’est pas sur la quantité de tanin qu’on va l’apprécier mais sur la finesse de ses tanins et la fraîcheur du vin.
L’encépagement du domaine évolue également pour plein de raisons, mais effectivement certains cépages sont plus adaptés au sol. Les changements climatiques impliquent de choisir d’autres types de cépage, et aussi de vignes je suppose ?
Éloi : Oui, tout à fait. Il y a une volonté d’adapter au moment présent le porte-greffe et le cépage au terroir. Je parle ici du sol mais aussi du microclimat. Si ce sont des sols chauds, il va falloir mettre des cépages plutôt tardifs et qui seront mûrs mais pas sur-mûrs. Sur des terroirs froids, où on a les merlots, ce sera mûr mais pas trop mûr non plus.
L’arrivée du petit verdot et du cabernet franc sont des évolutions d’encépagement de la propriété. Ils sont testés à hauteur de 1% mais on sait très bien que dans les prochaines années avec le plan de restructuration, on sera probablement amenés à en planter un peu plus de chaque en se disant que ce n’est pas pour l’année actuelle, mais pour les 15, 20, 30 ans à venir. Le projet de Fourcas Hosten est un projet de Renaud et Laurent, mais c’est un projet sur du long terme. C’est une propriété familiale et ils pensent déjà à l’avenir de la propriété. Tout ce qu’ils font c’est pour eux mais c’est surtout pour les enfants.
Est-ce qu’on peut parler un peu de bio et de biodynamie ? Ce sont deux sujets qui sont importants pour Fourcas Hosten et ce sont deux étapes dans ce cheminement d’impact le plus léger possible sur l’environnement. Est-ce que vous pouvez nous parler de la démarche accomplie jusqu’à présent avec le bio et évoquer ce qui va arriver sur la biodynamie ?
Éloi : Le projet est simple, Laurent et Renaud sont dans cette optique-là depuis très longtemps, mais toujours avec l’envie d’essayer avant de se lancer à 100 %. Ils sont patients et ils avaient cette volonté du respect de l’environnement et le bio est un sujet important quand on en parle.
Ils ont d’abord fait des essais sur le blanc, qui est notre laboratoire comme dit Renaud. En plantant le blanc, ils l’ont tout de suite conduit en bio, ainsi que toutes les nouvelles plantations faites à leur arrivée, de façon à voir si cela fonctionnait ou pas selon leur stratégie. Ils ont vite été convaincus puisque, dès 2017 tout a été converti en bio sur le blanc, en grande partie sur le rouge et en 2018 pour le reste du rouge. En 2020, on a eu le premier millésime bio pour le vin blanc, et 2021 sera notre premier millésime officialisé bio en rouge et ça, pour tout le vignoble. On le pratique en bio depuis plusieurs années mais cela sera officialisé en 2021 sur l’ensemble du vignoble.
Ils ont également pris les devants sur un autre sujet qui est la biodynamie.
Au-delà du bio, qui est la lutte contre les maladies fongiques, ils veulent intégrer la vie sur la propriété et la biodynamie est un niveau supérieur au bio. On essaie de comprendre pourquoi afin d’agir avant et pas après.
Ce n’est pas évident à expliquer. Souvent je le compare à l’homéopathie pour que ce soit plus simple à comprendre. La façon dont je le vois, c’est : « Pourquoi lutte-t-on contre les maladies ? Parce que on a en a ». La question à se poser ce n’est pas comment va-t-on lutter contre les maladies mais pourquoi on en a ? Peut-être que c’est trop vigoureux, ou humide, il y a trop d’herbe ou bien on a mal épampré…
Au lieu de lutter contre la maladie après, il vaut mieux lutter avant et forcément on a en moins. C’est un moyen d’appréhender ce sujet-là. On fait beaucoup de préventif. On ne va pas faire ça de façon systématique et appliquer des produits sur toutes les parcelles. Il y a des parcelles très vigoureuses, où on va dès le début travailler en biodynamie pour réduire cette vigueur, pour limiter les maladies. Plus la parcelle est vigoureuse, plus on a de risques phytosanitaires sur les vignes. Inversement, quand la parcelle est peu vigoureuse, on va accompagner la vigne et revitaliser les sols, en taillant différemment en fonction des lunes…
Tout ça s’intègre dans un principe biodynamique. Je pense que c’est déjà un plus parce qu’on le pratique depuis 3 ans sur 16 hectares. L’objectif est de la pratiquer sur toute la propriété parce que tout ce qu’on a pu essayer fonctionne. On n’arrive pas à prouver tout ça scientifiquement. On n’est pas chercheurs, mais on observe que le résultat est meilleur.
Le résultat est meilleur dans quel sens, dans la qualité du vin ?
Éloi : Oui, dans la qualité du vin et même dans le comportement de la vigne. La qualité du vin c’est l’aboutissement, le comportement de la vigne c’est ce qui va nous permettre d’aboutir à cette qualité-là. Il y a beaucoup d’observations et pour réussir à faire du bio et de la biodynamie à Bordeaux où il y a un climat très difficile et pour être efficace, il faut beaucoup observer. On passe beaucoup de temps dans le vignoble à essayer de comprendre comment ça se passe. On est beaucoup dans l’observation du comportement de la vigne, de la vigueur, pourquoi elle pousse ou pourquoi elle ne pousse pas. La biodynamie, c’est aussi un moyen de fédérer l’équipe parce qu’elle est convaincue par cette façon de cultiver.
Est-ce que ça peut être difficile d’embarquer une équipe qui était là avant sur une démarche qui est complètement nouvelle et parfois considérée comme ésotérique ou différente de ce qui est pratiqué dans le Bordeaux historique ?
Éloi : Oui, c’est vrai que ce n’est pas la façon la plus facile d’aborder la culture de la vigne. Comme on disait avant le podcast, la volonté vient de la tête, donc des propriétaires. Pour que cela fonctionne, il faut que l’équipe et notamment le chef de culture soit à 100% dans le projet et c’est le cas à Fourcas Hosten. Xavier, notre chef de culture, est plus qu’à 100% dans le projet biodynamie. Il est toujours en demande d’échanges avec d’autres producteurs en biodynamie et il a voulu suivre des formations.
C’est identique au chai aussi, tout le monde le veut, et c’est royal pour moi. Mon objectif est de convertir le vignoble biodynamie et j’ai la facilité d’avoir toute l’équipe derrière. Ce n’est pas toujours le cas quand on arrive sur un projet en général et qu’on veut convertir en biodynamie car il faut d’abord convaincre l’équipe. Moi j’ai tous les éléments et donc dès cette année, c’est l’entièreté de la propriété qui sera conduite en biodynamie.
Comment est-ce que vous en êtes arrivé à la biodynamie à titre personnel ? Quand on a le parcours que vous avez, en général, ce n’est pas naturel de se porter sur la biodynamie. Comment ça vous est venu ?
Éloi : Oui c’est vrai que ce n’est pas naturel. J’ai eu du mal, parce que scientifiquement il n’y a rien de prouvé, et j’ai un esprit très scientifique. Pour faire les choses, il faut que je comprenne. Mais j’ai compris que la biodynamie, c’est comme entrer dans cette chartreuse. Vous avez beaucoup de portes à ouvrir mais vous n’avez pas encore toutes les clés.
En ce moment, nous sommes dans un salon, quand vous étiez à déjeuner dans la salle à manger vous ne pensiez pas qu’il y avait ce salon. Vous l’avez découvert parce que vous a trouvé la clé pour entrer. Il s’agit de trouver les clés pour ouvrir d’un point de vue global la vision sur la culture de la vigne. J’y suis arrivé en rencontrant des gens qui la pratique et en dégustant leur vin et en me disant : « C’est bon. ». C’est faisable et il y a une chose que j’ai comprise et qui me permet d’avancer en biodynamie.
Ce n’est pas comment lutter contre la maladie après, mais comment on lutte avant.
Pourquoi la vigne est vigoureuse et comment en limiter la vigueur, pourquoi la vigne est peu vigoureuse et comment en améliorer la vigueur ? Pourquoi on taille en fonction de la lune, on se dit : « C’est ridicule, ça ne marchera pas. », mais pourquoi il y a des marées ? Des milliards de tonnes d’eau qui bougent pendant les marées c’est grâce à la lune. La sève qui circule dans les pieds de vigne, c’est pareil.
Ce sont des influences qu’on ne comprend pas au début. Quand on pratique et qu’on suit un peu ce que faisaient historiquement les grands-parents et les arrière-grands-parents et qu’on voit que ça fonctionne. On se dit : « Ne nous prenons pas la tête à essayer de comprendre tout. ». J’ai passé un cap en me disant qu’il ne faut pas que je comprenne tout. Je suis quand même toujours en recherche de compréhension.
Antoine : La compréhension, elle est aussi dans le verre. On se rend compte que c’est bon, ou même meilleur parfois car ce n’est pas toujours le cas. On peut être en biodynamie mais faire un vin qui n’est pas bon si on n’y met pas l’attention qu’il faut, ou si on fait mal les choses, mais souvent c’est quand même très bon. Je ne suis pas dans les vignes quotidiennement. J’ai du mal à observer ce qui peut s’y passer ou à quel point la biodynamie est importante. Je pense que c’est un mode de culture qui implique de passer beaucoup de temps à la vigne et d’y porter beaucoup d’attention. Que ce soit en fonction de la lune ou parfois je me dis « Est-ce que si on prenait un autre calendrier, ça marcherait aussi ? », la réponse est peut-être oui, on ne sait pas.
En portant une telle attention à sa vigne, en y passant autant de temps et en essayant de la comprendre, ça ne peut être que positif, à l’opposé de mettre des produits chimiques de manière systématique sur des parcelles ou des vignobles entiers. Je pense que le temps et l’énergie que l’on donne à la vigne, elle finit par nous le rendre.
Éloi : Oui, et ça se ressent dans le vin. La passion se transmet par la façon dont on travaille. Pour moi un vin qui est conduit réellement en biodynamie, c’est un vin qui vibre. Ça ne va pas être le plus puissant, ça ne va pas être le plus concentré ou le plus tannique mais ça va être celui qui va vous faire vibrer. Quand vous dégustez avec les propriétaires ou avec les responsables, vous ressentez la passion qu’ils ont mise dans l’aboutissement du produit. C’est aussi ça la biodynamie. Ça ne s’explique pas juste dans un livre.
Est-ce qu’on vous regarde parfois comme des orignaux, parce que vous faites ça ici ?
Éloi : J’imagine, je ne sais pas car on n’en parle pas ouvertement. Il faudrait que vous me disiez ce que les voisins en pensent quand vous irez les interroger. Ce qui me fait plaisir à Bordeaux, c’est que ça évolue. Il y a une image qui n’est pas forcément positive de Bordeaux. Mais je peux vous assurer qu’en 20 ans, ça a énormément évolué.
Quand je suis arrivé, je voyais des vignes désherbées en plein, je n’en vois plus. Beaucoup de personnes se mettent à travailler, on ne leur a rien demandé. Ils travaillent sous les rangs, mécaniquement, ce n’est pas ça qui permet d’améliorer la rentabilité. Mais je pense qu’il y a une prise de conscience du milieu et qu’il faut avancer, ne pas attendre de se faire taper sur les doigts. Et ça, on n’en parle pas assez. Ce n’est pas quand tout le monde sera en biodynamie qu’on aura réussi, mais c’est quand tout le monde aura pris conscience qu’on a un gros impact sur l’environnement et que nous devons améliorer nos pratiques. Alors on aura fait un grand pas, que ce soit en bio, en biodynamique, en conventionnel.
Antoine : Je partage ce constat de monde qui évolue très vite, ici à Bordeaux parce qu’on entend des choses sur la région qui ne sont plus vraies, qui ont beaucoup évolué et c’est impressionnant de voir avec quelle rapidité. On se dit parfois que c’est un monde fermé, que c’est une grosse machine et que c’est lent, alors qu’en fait pas du tout et ça va très vite et il y a des gens très passionnés. Je ne veux pas passer pour un défenseur ardent de Bordeaux, même si j’adore cette région. Il y a des gens qui font bien les choses et c’est bien de le dire aussi.
On a parlé un peu de la chartreuse et le domaine est magnifique. Est-ce qu’il y a possibilité de le visiter, est-ce que vous accueillez les visiteurs ?
Éloi : Oui, ça été compliqué pour nous l’année dernière. On s’est posé la question, dans le contexte si on ouvrait ou pas au public. Avant d’ouvrir on s’est entraînés en interne avec protocole du masque et du gel, comment partager les vins, où les déguster… On a fini par se dire : « On se lance, on est prêts. ». Donc oui, on a ouvert l’année dernière et on va ouvrir cette année.
On met en place tout le protocole parce qu’on veut que les gens viennent sans appréhension de risque, qu’ils se sentent protégés et ils peuvent en être assurés. On les protège et on fait attention au circuit de la visite. Ce sont des visites privées, qui sont sur rendez-vous et ça évite d’avoir plusieurs groupes en même temps. Si des couples viennent en même temps mais ne se connaissent pas, on fait deux visites séparées. On décale les horaires et ils ont vraiment la propriété pour eux. On fait comme s’ils étaient seuls sur la propriété de façon à ce qu’ils vivent une expérience différente.
Ce contexte sanitaire nous a fait évoluer très vite dans ce sens-là et on s’est rendu compte que même pour nous, c’est plus agréable parce que les échanges sont beaucoup plus faciles quand on est en petit comité avec des gens qui se connaissent. Ils osent poser plus de questions. Ce ne sont pas des professionnels du vin donc on accepte toutes les questions.
Pour visiter le Château Fourcas Hosten, je suppose qu’il suffit d’aller sur le site internet, fourcas-hosten.com, et qu’il y a un module de réservation ?
Éloi : Oui, oui alors il suffit de nous appeler. Parfois un coup de téléphone est le plus simple car on aime aussi savoir ce qu’attendent les gens. On propose plusieurs formules et l’idée est qu’ils vivent une bonne expérience. Soit ce sont des amateurs aguerris qui connaissent beaucoup le vin et on va les orienter sur un certain type de dégustation. Soit ce sont des gens qui découvrent et qui ne connaissent pas du tout le vin. Alors on ne va pas les submerger d’informations techniques. On a plusieurs types de dégustation et on s’adapte aux personnes qui sont face à nous pour qu’ils apprennent des choses sans les inonder. Ou qu’ils en apprennent un peu plus s’ils sont déjà très connaisseurs.
Antoine : Si vous préparez vos vacances, pensez à une escapade…
Éloi : Vous êtes les bienvenus !
Comment vous distribuez Fourcas Hosten ? Essentiellement via la place de Bordeaux, mais quel est le profil type du consommateur ?
Éloi : Fourcas Hosten a changé de distribution avec Renaud et Laurent. Les vins ont évolué et ils sont montés en gamme. Un des premiers points importants a été de faire connaitre Fourcas Hosten en France. On parle souvent de la notoriété d’un cru à l’international mais pour fonctionner, il faut déjà être connu chez soi, donc en France et à Bordeaux évidemment.
Il y a une distribution qui a été faite de façon à être proche du consommateur et donc on est présents dans les foires aux vins parce que c’est un vin qui est abordable. Tout amateur de vin peut se payer un Château Fourcas Hosten ou même une caisse. On veut que ce soit un vin élégant mais aussi un vin de plaisir. Il faut qu’on le déguste et qu’on prenne plaisir à le boire. On ne veut pas que les gens le garde dans leur cave en se disant : « Un jour peut-être que je le boirai. », et on ne le boit pas ou trop tard.
On a cette philosophie de vouloir faire un vin qui plaise aux gens, qui soit un vin qu’on puisse ouvrir le week-end en famille ou avec les amis et qu’on puisse le rouvrir le week-end d’après parce que c’est le moment où il se boit le mieux. Rien de tel que la distribution locale et les foires aux vins. Il y a aussi la restauration et les cavistes. Ensuite, il y a les marchés étrangers. L’Asie a été un gros marché mais il s’est effondré avec la crise. Les Etats-Unis aussi, on voudrait y performer encore plus mais ça a été compliqué ces dernières années. Notre grosse distribution c’est la France et on diversifie avec le reste de l’Europe et les Etats-Unis et on espère que l’Asie va reprendre du Fourcas Hosten.
Comment ça se fait que ce soit difficile aux Etats-Unis ? En général c’est un gros marché pour beaucoup de Châteaux, certains même avant la France.
Éloi : Ça n’a pas été forcément difficile mais ça n’a pas été la priorité. Cela fonctionnait au moment où ça a été mis en place. Mais l’accélération n’a pas été aussi rapide que prévu à cause des taxes et au contexte sanitaire.
Quel est le futur de Fourcas Hosten ?
Éloi : Il faudra revenir nous voir et je vous le dirai ! Notre gros projet, c’est de poursuivre dans le bio mais aussi la biodynamie en local, chez nous. Le futur c’est de continuer à faire de très bons vins et progresser qualitativement. Tout le travail qui a été fait jusqu’à présent ne paie pas maintenant. C’est dans 5 ou 10 ans qu’on va commencer à voir tous les progrès qui ont été faits au niveau du vignoble et des chais. On a vu déjà une forte progression mais je suis persuadé que ça va monter en flèche. Le futur au niveau distribution, c’est d’être reconnu internationalement pour pouvoir en acheter partout dans le monde, à New York, Los Angeles, Pékin, Londres… C’est d’être un vin reconnu dans le sens abordable, de plaisir et élégant. Ça c’est pour moi le futur de Fourcas Hosten.
Antoine : On souhaite que ça se réalise.
Éloi : On va tout faire pour !
Antoine : On fera un épisode 2 pour vérifier tout ça.
Il me reste trois questions, qui sont assez traditionnelles dans ce podcast. Quelle est votre dégustation coup de cœur récente ?
Éloi : En général, ou sur la propriété ?
Antoine : C’est assez libre, mais c’est sympa de dire un mot aux copains évidemment.
Éloi : Bien sûr. Alors, c’était le week-end dernier, Terres chaudes – 2016, Loire, Saumur. En biodynamie je crois, mais ce n’est pas pour ça. C’est un vin très bien construit, très frais avec beaucoup de rondeur, j’ai pris beaucoup de plaisir à le consommer. Pour moi un vin est très bon quand il ne reste plus une goutte dans la bouteille.
Antoine : En général c’est bon signe, c’est vrai.
Éloi : Oui donc pour moi c’est un coup de cœur, je ne vais pas aller chercher dans les très grands vins reconnus parce que le vin c’est un métier de vigneron et il n’y a pas que les crus classés qui font du vin. Il y a tous ces vignerons qui essaient d’émerger et de vendre leur produit. Je parle d’un vigneron qui fait un gros travail. Il est récompensé par la qualité du vin. C’est Thierry Germain, je cherchais son nom.
Antoine : C’est noté, j’essaierai de dégoter une bouteille dans les semaines ou mois qui viennent.
Est-ce que vous avez un livre sur le vin à me recommander ?
Éloi : On a beaucoup parlé biodynamie et je suis technicien à la base, donc je dirais « La vigne, le vin et la biodynamie » de Nicolas Joly qui est une des références pour appréhender la biodynamie. Peut-être qu’on va vous perdre, mais c’est aussi pour avoir une autre vision sur le milieu viticole. Je pense que c’est bien de l’aborder d’une façon simple et proche de la terre pour comprendre ce qu’est le métier de viticulteur.
Antoine : Super, les références seront dans la description du podcast et dans l’article qui l’accompagne.
Et pour ma dernière question, qui devrait être le prochain invité de ce podcast ?
Éloi : Je vais tenter Alain Moueix, du Château Fonroque.
Antoine : On nous a déjà conseillé Jean-François pour une partie plutôt négoce, mais Alain pas encore.
Éloi : C’est un des pionniers de la biodynamie à Bordeaux. Et c’est quelqu’un que j’apprécie énormément. Il m’a fait beaucoup évoluer dans l’appréhension de la biodynamie et c’est un passionné de vin. C’est une personne qui vous devriez rencontrer surtout que vous êtes souvent à Saint-Émilion, .
Éloi : Nous sommes dans le salon de Miss Marple et pour que les auditeurs comprennent ce qu’est le salon de Miss Marple, on leur propose de venir visiter la propriété et peut-être qu’ils auront la chance de venir s’installer dans le salon.
Antoine : C’est noté ! Pour les personnes qui nous écoutent, si vous avez aimé cet épisode, partagez-le à au moins deux personnes pour faire grandir le nombre d’auditeurs de ce podcast. Faites découvrir ces pépites à vos amis ou à votre famille, notez-le aussi 5 étoiles sur Apple Podcast. C’est très important pour moi, ça me rend content quand je vois cette note. Et puis ça permet aussi à d’autres personnes de le découvrir. C’est ça le plus important, de partager cette passion, de faire connaitre le vin et les personnes qui le font. Merci encore Éloi et à très bientôt.
C’est déjà la fin de cet épisode, j’espère qu’il vous a plu. De mon côté, j’espère vous retrouver très vite sur Vin sur Vin et les autres épisodes du podcast. À très vite !

